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2020 – 2026 · Résilience urbaine et travail

Kin-Elenda : la ville avec ses habitants

Avant que Kinshasa ne rebâtisse ses quartiers, il a fallu que quelqu'un aille parler aux habitants. Le REEJER a préparé le terrain des études en 2020, puis il est resté : depuis, il accompagne les femmes et les hommes qui travaillent sur les chantiers, et tient le compte honnête de ce qui a été tenu comme de ce qui ne l'a pas été.

Avant les travaux, la confiance

Au début de 2020, le programme n'existait pas encore. Des équipes d'étude devaient enquêter à Matete, N'Djili et Kisenso, dans des quartiers où l'accès est difficile et l'accueil rarement acquis. Le REEJER a été chargé de leur ouvrir la porte.

La méthode a été patiente et en cascade. Les trois communes ont été découpées en neuf pôles, chacun repéré par un lieu que tout le monde connaît : une paroisse, un lycée, une maison communale. Quatre-vingt-dix chefs de quartier, chefs de rue et notables, dont dix femmes, ont été sensibilisés en premier. À eux de mobiliser 120 leaders communautaires, dont 32 femmes, qui devaient à leur tour toucher 450 habitants de toutes catégories sociales.

Ensuite seulement les chercheurs sont descendus sur le terrain, accompagnés. Le REEJER a parcouru avec eux les zones riveraines de la rivière N'Djili, celles que les débordements inondent, les écoles de Matete, le marché urbain. Les études ont pu se faire parce que les quartiers savaient qui venait, et pourquoi.

Ce que le programme veut faire

Kin-Elenda est le projet de développement multisectoriel et de résilience urbaine de Kinshasa. Sa première phase reçoit 500 millions de dollars américains de l'Association internationale de développement, le guichet concessionnel de la Banque mondiale. L'idée tient dans une formule : des villes inclusives et résilientes. Concrètement, de l'eau potable, de l'électricité, des routes praticables, des déchets ramassés, et des quartiers qui cessent de disparaître sous l'érosion et les inondations.

Une partie des travaux est confiée à des chantiers à haute intensité de main-d'œuvre, les THIMO. Ils emploient des habitants des communes concernées par périodes de cent jours, sur des cohortes tirées au sort. Le salaire est réel mais court : cent jours, puis le chantier passe à la cohorte suivante.

La mission du REEJER porte précisément sur ces cent jours et sur ce qui vient après. Elle vise à accompagner environ 5 000 travailleurs des communes de Matete, Kisenso, Lemba, Maluku, N'Djili et Kimbanseke, pour que le passage par le chantier laisse autre chose qu'un salaire déjà dépensé.

Le travail, mois après mois

Depuis octobre 2024, le REEJER intervient chaque mois sur cinq sites : N'Djili, Maluku, Kisenso, Matete et Lemba. Les séances de sensibilisation abordent l'hygiène de base et l'assainissement, la santé sexuelle et reproductive, la santé mentale et la drogue, l'éducation financière et l'épargne volontaire, la cohabitation pacifique et la criminalité urbaine, le civisme.

La formation, elle, prépare l'après : trouver une idée d'entreprise, étudier son marché, bâtir un modèle économique, gérer ses revenus. À côté des séances, des infirmeries fonctionnent sur les sites, et des garderies accueillent les enfants de moins de cinq ans pour que leurs mères puissent travailler.

Le mois de juillet 2026 donne la mesure de l'ordinaire : sur 512 tâcherons présents, 355 ont été sensibilisés et 218 formés à l'entrepreneuriat ; 30 personnes ont été soignées dans les infirmeries ; 297 tâcherons ont été suivis, dont 132 conduisaient déjà leur propre activité.

Depuis le début de la mission, 199 tâcherons, dont 89 femmes, ont lancé leur activité génératrice de revenus dans six communes. C'est le chiffre qui compte : ce qui reste quand le chantier est parti.

Ce que les rapports disent aussi

Les livrables mensuels du REEJER ne consignent pas seulement ce qui a fonctionné. Ils consignent, mois après mois, ce qui n'a pas fonctionné, et pourquoi.

Des chantiers ferment ou sont suspendus. Les effectifs fondent en fin de travaux : 859 tâcherons présents en décembre 2025, 512 en juillet 2026. Certains chefs de chantier rechignent à libérer les équipes pour les séances. Les retards de paiement des salaires découragent l'épargne, qui est pourtant la condition de tout le reste.

Trois objectifs contractuels ne sont donc pas atteints, et le REEJER l'écrit noir sur blanc à la Cellule Infrastructures du projet, en demandant que les entreprises soient rappelées à leurs obligations.

Faire en sorte que la ville se transforme avec ses habitants, jamais malgré eux.

En chiffres

0 M
millions USD, financement de la phase 1
0
sites de travaux accompagnés
0
activités génératrices de revenus lancées
0
tâcherons suivis après leur chantier

Objectifs et réalité du terrain

Chaque livrable mensuel confronte les objectifs inscrits au contrat à ce qui a réellement été réalisé. Trois d'entre eux restent en deçà. Les raisons sont documentées dans les rapports : ouvrez une ligne pour les lire.